Réflexions à propos d’un musée d’Art en Guadeloupe

En 1832, Lamartine, séjournant à Athènes, notait dans son Voyage en Orient : «Je suis las des musées, cimetière des arts » [i]. 

Certes, il ne s’agissait pas alors de musées d’art mais d’un musée national archéologique, le Théséion , qui vit le jour au lendemain de la guerre d’indépendance grecque en 1830. Il est tout aussi vrai que la situation de l’institution muséale, remise en cause depuis le XIXème siècle, a considérablement évoluée.  En qualifiant le musée de « cimetière des arts », Lamartine entend par là qu’il s’agit d’un lieu clos, coupé du monde extérieur, dans lequel les œuvres exposées sont devenus des objets inertes. C’est à leur propos que poète aurait pu dire :  « Objets inanimés, avez-vous donc une âme… (2)» ? 

Ne doit-on pas s’étonner de la posture opposée adoptée par les plasticiens de Guadeloupe qui, se disant victimes de l’absence de tels établissements, revendiquent à grands cris que soit créé de toute urgence, à l’image de ce qui se fait dans d’autres îles de la Caraïbe, un musée d’art?    

Il n’est toutefois pas interdit de s’interroger sur la fonction, sociale et politique, que remplit le « musée » et l’art  en général. Et de chercher à percevoir selon quels processus un tel concept a pu apparaître et évoluer jusqu’à la situation qui est celle d’aujourd’hui. 

-Si le « musée » trouve son apogée autour de 1890 avec la montée des nationalismes permettant de revendiquer et d’afficher la grandeur d’une nation, la structure d’un tel établissement, qu’il soit musée des « Beaux-arts » ou musée « d’art contemporain » est-elle la forme la mieux adaptée aujourd’hui à l’émergence d’une identité caribéenne ?  

-Ne reproduit-on pas alors la démarche occidentale lorsqu’on prétend, pour des motifs pédagogiques, édifier une sorte de « temple civique » destiné à former l’esprit du futur  citoyen ?

-Comment échapper au risque totalitaire ?  

-La défense d’un patrimoine commun à préserver, ne risque-t-elle pas de sombrer dans une démarche passéiste et de créer une nouvelle forme d’académisme ?  

-Comment concilier celle-ci avec l’impérieuse nécessité d’un ancrage dans une contemporanéité où s’abolissent les cloisonnements et les frontières? 

  5 questions auxquelles je tenterai de répondre par 5 approches différentes… 

1- Qu’est-ce qu’un « musée d’art » ?  

Le terme de « musée », qui s’est imposé face au latin musaeum, vient du grec « museion », lui-même formé à partir de « musa », la muse. Les neuf Muses, filles de Zeus et de Mnemosyse,  étaient des divinités des arts et de la mémoire. En établissant un lien entre le sacré et la mémoire (le monde des morts), le museion se positionnait comme un lieu de culte. Dans une grotte ou sur un sanctuaire élevé, s’y pratiquaient des rites initiatiques ou funéraires, des oracles ou encore des offrandes et sacrifices votifs destinées à s’attirer les faveurs des dieux (Ingres). De récentes fouilles en Guadeloupe révèlent que certaines grottes auraient pu être des sanctuaires sacrés (grottes de Morne Rita, Capesterre M-G). 

On peut faire l’hypothèse que, dès la plus haute antiquité, tant en Orient qu’en Occident, les objets de cultes sculptés, les peintures ornant les parois des grottes ou des temples ou encore les textes anciens furent considérés comme des mediums donnant accès à la Connaissance. Celle-ci, permettant d’entrer en contact avec l’au-delà, se devait d’être réservée aux seuls initiés et s’entourait pour cela de mystère.    

Ainsi l’Académie fondée par Platon vers 387 av. J-C, consacrée à Athéna, déesse de la sagesse et des artistes, était située à l’écart d’Athènes. Elle était  à la fois sanctuaire, bibliothèque et foyer de recherches intellectuelles. 

Mais c’est Ptolémée 1er qui va être à l’origine, à Alexandrie vers 280 av. J-C, de ce que l’on considère comme le premier « musée ». Le développement des arts lui permet d’afficher le triomphe de l'Egypte, la grandeur du pharaons, et l’ambition de faire d’Alexandrie la capitale intellectuelle et spirituelle du bassin méditerranéen. Le passage du museion au museum est la concrétisation  d’une instrumentalisation du sacré par le politique. Ou la légitimisation du politique par le sacré. On verra que ce phénomène d’appropriation se reproduira avec la découverte des Amériques. Les pratiques magiques traditionnelles en dotant les officiants d’un certain pouvoir, celui entrer en  communication avec les esprits, menaçaient le pouvoir celui des envahisseurs. Elles n’eurent d’autre issue que de se perpétuer de façon occulte. 

Au moyen-âge, pouvoir politique et pouvoir religieux sont confondus. D’un côté, églises et abbayes sont détentrices de collections auxquelles elles accordent une fonction non pas historique ou esthétique mais religieuse et pédagogique. Les temps modernes, avec la multiplication des voyages d’exploration et les pillages qui les accompagnent, voient se constituer, à l’initiative de princes et de grands seigneurs des collections privées.  Celles-ci rassemblent dans des « cabinets de curiosités » (vanités avant la lettre) des objets hétéroclites : œuvres d’art, antiquités, médailles, mais aussi fossiles, herbiers, animaux empaillés, insectes séchés et autres « merveilles ». La visée de ces collectionneurs devenus les mécènes des artistes consiste à reconstituer, dans l’enceinte de leur cabinet et à l’intention d’un public très restreint, un microcosme objet de méditation et de contemplation.

En 1733, le Dictionnaire de Trévoux donne la définition suivante du « musée » : « cabinet d'un homme de lettres », c'est-à-dire le bureau d’un homme cultivé, d’un humaniste ou « honnête homme ». Si les collections privées ne disparaîtront jamais, on va observer, d’abord en 1750 avec la « Galerie Marie de Médicis » au Palais du Luxembourg, puis avec la « Galerie des Offices » à l’initiative des Médicis, à Florence en 1780, l’ouverture au public des Tableaux royaux ou princiers. Ces premiers « musées d'art » qui se répandent dans toute l’Europe permettent aux artistes de se former au contact des grands maîtres. Toutefois le plaisir esthétique restera encore le privilège d’une élite jusqu’à la Révolution française, comme en témoignent les Salons que Diderot rédige pour Grimm, entre 1759 et 1771, à l’intention d’un public essentiellement aristocratique. 

Avec la Révolution, en 1793,  le Louvre accède au statut de « Muséum central des arts de la République ».  Portés par les Lumières, les arts – au même titre que les sciences, les techniques ou l’histoire-, sont désormais des disciplines porteuses de modernité et de progrès. (Hubert Robert, la Grande Galerie du Louvre, 1796).

Ouvertes au public les collections rendent désormais accessible à tous la notion du Beau et l’accès au savoir, tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la nation et l’attachement à son patrimoine. La leçon des Pharaons a été retenue : les conquêtes napoléoniennes, puis le développement de l’empire colonial français viendront enrichir le fond initial d’un musée national qui doit jouer un rôle majeur dans le rayonnement et la mission civilisatrice que le pays entend exercer. Il reste que cette « ouverture » est un leurre. Les objets et œuvres sont comme enchâssées, enterrées, dépossédées de ce qui les rendait vivantes. Exposés, ils perdent leur mystère sacré et le pouvoir qu’on leur attribuait. 

1-  Quelle est la situation dans la Caraïbe ?  

Alors que se multiplient les musées régionaux en France, la plupart des îles de la Caraïbe attendront d’avoir acquis leur indépendance pour ouvrir des Ecoles d’Art et se doter de prestigieux musées, témoignant de l’importance accordée à l’art dans l’éducation et la construction d’une identité nationale.  

Le plus ancien musée de la Caraïbe a, semble-t-il, vu le jour à Port of Spain (Trinidad), en 1892. D’abord appelé Institut Royal de Victoria (construit pour son jubilé) avant de devenir The National Museum and Art Galery. Plusieurs initiatives voient le jour en Haîti (Palais de l’Indépendance à Gonaïves, en 1904, National Muséum à Port-au-Prince en 1940 et musée Paul Etienne Magloire, au Cap Haïtien en 1955), tentives malheureusement vite réduites à néant.

Mais ce sont certainement Cuba et la République Dominicaine qui ont accordé à l’art la place la plus importante Une fois son indépendance conquise, le gouvernement de Cuba lance, en 1913, une collecte nationale pour rassembler des objets à caractère historique et culturel. Cette collection sera ensuite repartie  entre el  Museo de Bellas Artes, consacré à l’art cubain, et el Palacio del Centro Asturiano destiné à l’art universel. Parallèlement s’ouvre à Santo Domingo, en 1956, sous la dictature de Trujillo, un Musée des Beaux-Arts, suivi une vingt ans plus tard d’un Musée d’Art Moderne

               

3- A quoi a répondu la création du musée Schœlcher en Guadeloupe ?

C’est dans le contexte colonial que vont naître, au même moment en 1887, deux édifices qui porteront le nom de Victor Schœlcher, une Bibliothèque en Martinique (d’abord construite dans les jardins des Tuileries) et un musée en Guadeloupe. Evoquer l’Histoire de ces îles ou encore valoriser les créations témoignant d’une culture originale n’est pas à l’ordre du jour.  

Le choix semble avoir été de travailler, au lendemain de l’abolition de l’esclavage, à repositionner les liens devant unir les anciens esclaves avec la métropole. Tout en imposant à ces derniers une vision de l’histoire qui ne pouvait être que celle du pouvoir dominant en place.  Ainsi, si l’abolition fut le résultat d’un combat, ce fut celui de Victor Schœlcher dont le buste va se dresser un peu partout. Le personnage est instrumentalisé, le 21 juillet jour de la saint Victor étant décrété jour férié en Guadeloupe en 1914. Aucune statue au « Nèg mawon inconnu » ne sera dressée, celle d’Haïti ne voyant d’ailleurs le jour qu’en 1968. L’époque préfèrera les monuments aux « Morts pour la France ».

Situé au cœur de Pointe-à-Pitre et inauguré le 21 juillet 1887, le musée Schœlcher dont l’architecture est celle d’une maison coloniale en pierre, fut construite spécialement du vivant même de l’abolitionniste pour recueillir une partie des collections privées de celui-ci. Les pièces, dont il avait fait don à la Guadeloupe dès 1883, rassemble des objets assez hétéroclites, qui ne sont pas sans évoquer les cabinets de curiosités (porcelaines de la manufacture Schœlcher, moulages de sculptures du Louvre, objets divers collectés durant ses voyages dans les Caraïbes, l’Egypte et l’Afrique). Si l’on replace Schoelcher dans son époque on comprend comment ses idées « progressistes » vont le conduire à être ensuite le promoteur d’une politique d’assimilation ne remettant nullement en cause l’imposition forcée d’une culture qui est celle du colonisateur.

4- Qu’en est-il du musée Schoelcher aujourd’hui.

Restauré et modernisé en 1983, puis 1998 pour la commémoration du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le musée fait aujourd’hui l’objet d’un vaste programme de rénovation muséographique. Des acquisitions récentes, plus directement en relation avec la Guadeloupe et son histoire, semblent indiquer des priorités qui signent une orientation nouvelle. Sont entrés au musée, d’une part, des tableaux : « Femmes créoles » de Joseph Savard datant de 1770  et « Vue de la rade de PAP » d’Evremond de Bérard.  Et d’autre part des albums avec  La Guadeloupe pittoresque d’Armand Budan, et un  album de photographies d’Edgar Littée dit PHOS prises entre 1893 et 1931. Le musée, initialement consacré à la vie et l’œuvre de Victor Schœlcher, se recentre progressivement sur l’histoire de la Guadeloupe et sur celle de l’esclavage, grâce à l’acquisition d’objets emblématiques, provenant du quai Branly.  

Des travaux concernant l’agrandissement du musée devraient permettre prochainement de proposer des expositions temporaires, largement ouvertes aux artistes contemporains, en manque d’espaces adaptés. Dans l’attente de l’achèvement de ces travaux, le Conseil Général, propriétaire du musée et son conservateur, Matthieu Dussauge, ont instauré depuis 2010 une manifestation annuelle intitulée « Carte Blanche ». Chaque année, les œuvres d’artistes -dont les projets, en lien avec Schoelcher et l’existant du musée, ont été sélectionnés- sont alors présentées au public de janvier à avril. 

L’idée est d’instaurer, à travers un parcours initiatique, un dialogue entre les œuvres du passé et celles d’aujourd’hui, entre des œuvres issues de l’extérieur (l’Autre), et des œuvres « d’ici-même ». Parallèlement, les artistes doivent animer des ateliers destinés aux scolaires dans le cadre d’une initiation à l’art contemporain. Sont ainsi entrées librement au musée des œuvres entraînant une réflexion sur l’art et sur la place des œuvres d’art dans notre société.

La première année les projets de 4 artistes ont été sélectionnés : Nikki Elisée sur un projet de 7 Muses créoles, chacune portant le nom d’un des rythmes du Ka ;  François Piquet sur Mounpapyé et2 œuvres situées à l’extérieur « Les frontières de l’autre » et « Barbarie, l’humanité mise à sac » ; Alex Boucaud pour ses sculptures totémiques, emblématiques par leur syncrétisme de l’identité créole ; et  Chantal Novelli pour ses photographies : Mémoires du temps qui passe en d’autres lieux, en d’autres temps….

En 2011 Kelly Sinnapah-Marie s’inspire d’un fouet de commandeur pour créer un gigantesque cordage qui, depuis l’extérieur va pénétrer à l’intérieur  du musée jusqu’à s’enrouler autour du buste de Victor Schœlcher. Tandis que cette même année Jean-Marc Hunt réalise, avec  ses Vanités-offset, une installation, véritable mémorial qui questionne l’institution muséale et ses collections.  

En 2012, c’est au tour de Stan avec ses « Mythologies et légendes du quotidien » de s’approprier un certain nombre d’œuvres muséales caractéristiques de l’art « occidental », pour les métamorphoser au regard d’une culture caribéenne, à la fois hybride, populaire et spirituelle. Enfin, l’an dernier, Ano a voulu montrer, avec des œuvres exprimant sa vision du « cochonialimse », que l’art contemporain relève de la transgression. Dans le même temps, avec le collage sur un mur mitoyen du musée d’un dessin reproduisant à très grande échelle le nég mawon, armé, de William Black, l’artiste invitait à réfléchir. L’œuvre d’art peut-elle inciter à l’action, en passant de l’espace codifié du musée à celui, imprévisible, de la rue ? 

On le voit, les artistes guadeloupéens, habitués à marroner, ont saisi là de l’occasion de dénoncer, à la fois, la présentation qui était faite de l’Histoire et le rôle que l’on faisait jouer à l’art dans cette présentation.

5- Quel lieu assigner à l’art en Guadeloupe ?

Si  l’affiche d’ANO n’a pu être collée ailleurs que dans l’enceinte du musée, sa présence gigantesque, de même que les dimensions du « cochon de colonialiste » faisaient exploser les limites assignées à l’art. Limites que d’autres artistes s’efforcent de franchir. S’inspirant d’Ernest Pignon-Ernest, François Piquet réalise depuis 2012 des dessins humoristiques et insolites, intitulés « Archipels du moi » (2) qu’il placarde sur les façades de cases ou édifices plus ou moins délabrés. Photographiées et accompagnées de dessins préparatoires, ces œuvres, éphémères, peuvent néanmoins faire l’objet d’expositions. 

De son côté, la pratique artistique de Romuald Cyrille  qui réalise « à la sauvette » de troublantes peintures à la bombe se situe plus directement encore dans le courant du street art. Ses œuvres, loin de viser la contemplation, surgissent de façon inattendue dans le paysage urbain et cherchent, à travers la charge émotionnelle qu’elles suscitent, à interpeler les passants, à les questionner et finalement à les faire réagir et agir.

De telles pratiques, auxquelles on pourrait ajouter quelques (trop rares) performances (comme celle de Benito), remettent en cause aussi bien l’institution muséale que la marchandisation de l’œuvre d’art au profit, paradoxalement, d’un réinvestissement du sacré, lors d’une « cérémonie ». Le geste artistique permet alors d’accéder, au-delà du réel, à une vérité qui  le transcende.

Pour conclure :

Ainsi les artistes de Guadeloupe, malgré une posture qui semblait s’opposer à Lamartine lorsque celui-ci affirmait «Je suis las des musées, cimetière des arts », le rejoignent. Si les musées, obéissant  à des choix politiques, témoignent de ce dont telle ou telle société veut se souvenir, peut-on se satisfaire des des trois musées de Guadeloupe, dédiés à trois « grands hommes », en signe « d’éternelle reconnaissance » : Schœlcher, Edgar Clerc et Saint-John Perse. De tel choix ne témoignent-il pas des conflits d’intérêts qui divisent la société guadeloupéenne ?

Si l’édification du musée Schœlcher doit être replacée dans un contexte qui fut celui de l’abolition de l’esclavage et de la colonisation, le musée archéologique Edgar Clerc du Moule, fut décidé puis inauguré par la Région entre 1980 et 1984 en pleine affaire Faisans, tandis que le musée Saint John Perse le fut par la ville de Pointe-à-Pitre, à l'occasion du centenaire de la naissance, à Pointe-à-Pitre, du poète-diplomate-lauréat du Prix Nobel de Littérature. 

Certes ces trois musées ont été installés dans des bâtiments qui constituent un patrimoine architectural dont il convient de s’enorgueillir. Conçu par Gustave Eiffel  en 1880, le musée Saint John Perse, ancienne maison Souques-Pagès, a été le logement du directeur de l'usine sucrière Darboussier. Le musée du Moule, du nom de l’ancien directeur de l’usine Gardel qui avait fait don à la collectivité des objets rassemblés au cours de ses fouilles, a été construit par l’architecte guadeloupéen Jack Berthelot. Au final,  entre un musée représentatif d’une vision coloniale de l’art, un musée d’histoire limitée à l’archéologie amérindienne et un bâtiment évoquant, au rez-de-chaussée, un « art de vivre » aux Antilles françaises à la fin du XIXème siècle, force est de constater les oubliés : l’histoire de l’esclavage et celle des arts et traditions en Guadeloupe. 

On se plait à penser que le futur Mémorial Act (« Centre caribéen d’expression et de mémoire de la traite et de l’esclavage ») qui est sensé faire le lien entre recherche historique et mémoire collective sans pour autant les confondre, viendra combler ce vide. Tout en offrant aux plasticiens de Guadeloupe un espace adapté leur permettant d’exposer leurs créations. Faisons le vœu qu’il ne s’agira pas uniquement d’un monument commémoratif renfermant des cadavres, fussent-ils exquis, mais que l’on y trouvera, aux côtés « du sang, de la sueur et des larmes », l’esprit rebelle qui permet de se libérer des chaînes insidieuses  de nouvelles formes esclavages.

A la phrase de Lamartine, opposons alors celle d’un autre poète, Aimé Césaire, extraite de son Discours sur le colonialisme (1950) : « Non, jamais dans la balance de la connaissance, le poids de tous les musées du monde ne pèsera autant qu’une étincelle de sympathie humaine (3) »

.                                                                                                                      Scarlett JESUS, Colloque du CEREAP,                                                                                                                                                                           médiathèque du Gosier, Guadeloupe,  dimanche 30 novembre 2014. 

 

Propulsé par Viaduc Mon site.fr - © Tous droits réservés
Ce site est propulsé par Viaduc